L'histoire peut se lire dans les registres du fonds Poyet

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Rêvons un peu : nos deux soldats sont venus se faire photographier rue Gambetta, et comme c'était l'habitude, ils payaient à la commande. Brutalement évacués d'Epernay, ils ont continué leur participation à la guerre, en sont sortis vivants. Sans doute quelques années plus tard se sont-ils souvenus s'être fait tirer le portrait chez Poyet. Sans doute ont-ils écrit en notant sur leur enveloppe " Poyet à Epernay ", demandant l'envoi des épreuves en indiquant leur adresse qui a été recopiée scrupuleusement sur le registre, et avec une conscience professionnelle qui n'a jamais failli, le père Poyet (il a 76 ans en 1946) a expédié à ces deux soldats leur photo prise neuf ans plus tôt... Pourrait-t-on imaginer pareille situation de nos jours ? Garder pendant 9 années un achat qui n'a pas été réclamé ? |
