La carte postale
illustrée. Procédés d'impression 1908.
Extrait de la revue Le
Cosmos du 14 novembre 1908.
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- La carte postale
illustrée, née d'un caprice de la mode et de
l'ingéniosité de ceux qui se chargent d'entretenir
ces caprices, a joui, pendant la période qui a pour centre
l'exposition universelle de 1900, d'une vogue inouïe que ses
promoteurs même n'avaient pu prévoir.
- Ce fut une passion, j'allais
dire une maladie.
- Partout, mais principalement
en France, des maisons commerciales, occupant un personnel
nombreux, virent le jour et se consacrèrent à
l'impression et à la vente de ces petits cartons
historiés au goût du jour. Les monuments, les
paysages, les actualités, les personnalités en
vedette, la caricature, les reproductions florales, la
ménagerie domestique et sauvage, la politesse,
l'amitié, que sais-je encore ? eurent les honneurs de la
carte postale. Les marchands d'albums firent fortune, et des
salons mondains aux logis ouvriers, la reine de la mode
étendit son empire.
- Puis, par degrés, le
beau feu s'éteignit. Il y eut des craquements dans la
maison, et de sa place triomphante la carte redescendit
bientôt dans le domaine des usages courants.
- Certes, elle est loin
d'être morte ; les facteurs en savent quelque chose, et tout
le monde connaît cette affiche-réclame d'une grosse
maison d'édition, où le piéton, dont la
boîte déborde de cartes postales, exhale, le poing
dressé, ce cri du cur : "Oh ! ces cartes
postales!"
- Mais que de chemin parcouru
à reculons !
- Faisant fi des lamentations
très injustifiées, la mode étant par essence
fatalement changeante et volage, il serait peut-être
intéressant de prendre à leur naissance et de suivre
dans leur course ces jouets légers des petits et grands
enfants.
- Nous pourrons
négliger la plupart des fantaisies et des
actualités, hélas ! presque toujours sans
goût, et qui sont du reste à l'agonie, pour nous
occuper seulement, dans cette brève étude, des deux
branches de l'industrie cartophile encore à l'ordre du jour
:
- - La vue phototypique ou
photogravée.
- - La carte postale au
bromure.
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Les grandes villes
seules eurent d'abord les honneurs de la carte postale,
encore la vue se trouvait-elle presque toujours
reléguée dans un angle, et les amoureux des
longues correspondances avaient une assez large place
où narrer leurs impressions. Ces cartes seraient
maintenant d'une vente impossible ; la mode exige que la
vue occupe la totalité du recto, et
l'administration postière s'est vue contrainte d'
autoriser la correspondance au verso, à
côté de l'adresse. Actuellement, les
moindres villages ont leur collection, quelle que soit la
banalité des sites.
à gauche,
l'une des premières cartes postales
éditées.
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Les grands éditeurs se chargent par eux-mêmes des
villes importantes. Ils envoient leurs photographes par les
boulevards et les rues et choisissent parmi les bons
clichés ceux qu'ils impriment et vendent directement aux
débitants par paquets de 50 à 1000 exemplaires et
plus, d'une même vue ou de vues assorties.
- Pour les localités
moins importantes le procédé change. Des courtiers
vont s'entendre avec les papetiers, buralistes, tenanciers de
bazars, et leur font un marché de plusieurs milliers de
cartes. Des opérateurs arrivent avec leur matériel,
prennent les vues au choix du client. Les maisons d'édition
impriment et, la commande terminée, expédient
à l'acheteur le stock entier. Leur besogne n'est donc plus,
en quelque sorte, qu'un travail
intermédiaire.
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- Phototypie : le premier
procédé de tirage des cartes
postales
- La phototypie, plus
savamment "photocollographie" est basée sur l'emploi de la
gélatine bichromatée, étendue sur glace
dépolie (procédé Albert) ou sur cuivre
(procédé Tessié du Motay) et rendue propre
à l'encrage par l'intervention de la
lumière.
- La Glace- ou la plaque de
cuivre- revêtue d'une couche rigoureusement adhérente
de gélatine, est plongée dans une solution de
bichromate de potassium à 3 %, séchée dans
l'obscurité, puis impressionnée à la
lumière par le négatif de la vue à
reproduire, en enfin lavée à l'eau
pure.
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Les cartes postales
événementielles sont assez souvent
éditées sous forme de carnets de cartes
détachables
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On obtient ainsi des clichés qui sont fixés par 20 ou
24 ou même plus dans le châssis d'une machine à
imprimer assez semblable aux machines typographiques. L'encrage se
fait mécaniquement comme dans ces machines.
L'encre grasse étendue
par le rouleau sur les plaques gélatineuses ne prend que dans
les régions de ces plaques qui correspondent aux parties
lumineuses du négatif primitif ; les autres régions,
que les parties opaques du phototype ont protégées de
la lumière, restent humides et ne prennent pas
l'encre.
On comprend bien qu'un papier
blanc amené par la machine et appuyé fortement sur les
clichés, recevra l'exacte reproduction de l'image à
multiplier.
L'encrage se fait en noir, en
bleu, en bistre ou en quelque autre couleur. On obtient d'assez jolis
effets de coloris en travaillant le papier avant l'impression
phototypique. Sachant quelles vues il recevra, on repère
soigneusement sur la feuille la place où viendront s'imprimer
les différents détails de la vue, on grave sur pierre
en légères ombres et on tire par le
procédé lithographique. On obtient ainsi des fonds,
verts pour les arbres, jaune clair pour les rues,
etc
,etc
On tire ensuite
phototypiquement, comme d'ordinaire, les traits noirs venant par un
repérage minutieux, s'appliquer sur les fonds
colorés.
On obtient aussi de jolis effets
d'ombre en tirant la même vue avec deux encres
différentes, ton sur ton, bleu foncé sur bleu
pâle, vert russe sur vert d'eau, etc
Photogravure
Procédés
photomécaniques au bromure
Ces deux techniques de
production des cartes postales seront développées dans
notre prochain numéro.
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