Les multiples inventions autour de la photographie
 
Cette nouvelle rubrique de notre bulletin vous permettra de faire des découvertes étonnantes : ainsi ces deux premières inventions décrites bientôt, mais par la suite, tout comme nous avions évoqué dans le N° 4 de notre bulletin l’ancêtre du radar piégeur d’automobiliste datant de 1900, nous allons découvrir que le fameux photomaton a un ancêtre présenté pour la première fois à l’exposition universelle de Paris en 1889, que la photographie aérienne à l’aide d’un cerf volant date aussi de 1889, en espérant que ces procédés, oubliés ou devenus permanents vous intéresseront et vous surprendront...
 
La photo magique
Dans les années 1880, on vendait chez les marchands de tabac ce petit objet, accompagné d’un paquet de papiers photographiques de la grandeur d’un timbre-poste. Si l’on place un de ces papiers dans l’intérieur du porte-cigarette, la fumée de tabac se trouve en contact avec le papier photographique. Quand on a fini de fumer, le papier photo laisse apparaître un portrait, ou une image quelconque qui s’est développée.
Le procédé employé est fort simple : une petite photo préparée sur papier au chlorure d’argent, comme à l’ordinaire, est plongée dans une dissolution de bichlorure de mercure, ou elle blanchit et donc disparait. Le bichlorure de mercure transforme la photographie en partie en chlorure d’argent qui est blanc, donc invisible sur le papier. Les vapeurs ammoniacales contenues dans la fumée de tabac font noircir l’image en réduisant le sel d’argent... et l’image apparait « miraculeusement ».
Ce principe a été découvert en Allemagne en 1840, et commercialisé par un Mr. Grüne, de Berlin, quelques années plus tard.
Ce n’est ni plus ni moins que ce que nous appelons un « virage » que nous aurons plus tard l’occasion d’évoquer...
 


Un Photo-tricycle ( paru dans la revue « La Nature » en 1884 ; texte de Gaston Tissandier)

 

L’exercice du vélocipède est passé dans les habitudes, surtout en Angleterre, et le tricycle est aujourd’hui un objet courant d’utilité et d’agrément. Le perfectionnement que nous signalons aujourd’hui touche plus particulièrement le côté agrément de cet exercice.

Combien de fois n'est-il pas arrivé à un excursioniste de regretter de ne pouvoir fixer les paysages, les sites, les scènes curieuses qui se déroulaient sous ses yeux ?
Ce qui était une impossibilité matérielle avec les procédés lents et compliqués du collodion sec ou humide est devenu aujourd'hui une chose simple grâce au gélatino-bromure. Il fallait donner une forme à cette alliance de la photographie et de la locomotion, et c'est ce qu'a fait M.D.Rudge & C°, en créant le photo-tricycle connu sous le nom de Coventry-rotary, et que la figure ci-dessus permet de comprendre sans grande explication. La chambre noire est montée sur un joint sphérique universel qui lui permet de prendre toutes les positions et de venir embrasser le sujet à reproduire en quelques instants. Trois boites renfermant chacune 6 plaques de 12x16 cm sont à portée de la main et peuvent très rapidement se substituer l'une à l'autre, au fur et à mesure des besoins.
On peut, à volonté, laisser l'appareil sur le tricycle ou le placer sur un trépied facilement démontable lorsque le point de vue le meilleur n'est pas accessible.
C'est là une innovation qui sera fort appréciée des amateurs qui cultivent à la fois l'art du tricycle et celui de la photographie, et c'est ce qui nous a engagé à faire connaître à nos lecteurs une combinaison de nature à leur rendre quelques services.
 

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