- Dans les années 1880, on vendait chez les marchands
de tabac ce petit objet, accompagné dun paquet de
papiers photographiques de la grandeur dun timbre-poste. Si
lon place un de ces papiers dans lintérieur du
porte-cigarette, la fumée de tabac se trouve en contact
avec le papier photographique. Quand on a fini de fumer, le papier
photo laisse apparaître un portrait, ou une image quelconque
qui sest développée.
- Le procédé employé est fort
simple : une petite photo préparée sur papier
au chlorure dargent, comme à lordinaire, est
plongée dans une dissolution de bichlorure de mercure, ou
elle blanchit et donc disparait. Le bichlorure de mercure
transforme la photographie en partie en chlorure dargent qui
est blanc, donc invisible sur le papier. Les vapeurs ammoniacales
contenues dans la fumée de tabac font noircir limage
en réduisant le sel dargent... et limage
apparait « miraculeusement ».
- Ce principe a été découvert en
Allemagne en 1840, et commercialisé par un Mr. Grüne,
de Berlin, quelques années plus tard.
- Ce nest ni plus ni moins que ce que nous appelons un
« virage » que nous aurons plus tard
loccasion dévoquer...
-
Un Photo-tricycle ( paru dans la revue « La
Nature » en 1884 ; texte de Gaston
Tissandier)
Lexercice du vélocipède est passé
dans les habitudes, surtout en Angleterre, et le tricycle est
aujourdhui un objet courant dutilité et
dagrément. Le perfectionnement que nous signalons
aujourdhui touche plus particulièrement le
côté agrément de cet exercice.

- Combien de fois n'est-il pas arrivé à un
excursioniste de regretter de ne pouvoir fixer les paysages, les
sites, les scènes curieuses qui se déroulaient sous
ses yeux ?
- Ce qui était une impossibilité
matérielle avec les procédés lents et
compliqués du collodion sec ou humide est devenu
aujourd'hui une chose simple grâce au
gélatino-bromure. Il fallait donner une forme à
cette alliance de la photographie et de la locomotion, et c'est ce
qu'a fait M.D.Rudge & C°, en créant le
photo-tricycle connu sous le nom de Coventry-rotary, et que la
figure ci-dessus permet de comprendre sans grande explication. La
chambre noire est montée sur un joint sphérique
universel qui lui permet de prendre toutes les positions et de
venir embrasser le sujet à reproduire en quelques instants.
Trois boites renfermant chacune 6 plaques de 12x16 cm sont
à portée de la main et peuvent très
rapidement se substituer l'une à l'autre, au fur et
à mesure des besoins.
- On peut, à volonté, laisser l'appareil sur le
tricycle ou le placer sur un trépied facilement
démontable lorsque le point de vue le meilleur n'est pas
accessible.
- C'est là une innovation qui sera fort
appréciée des amateurs qui cultivent à la
fois l'art du tricycle et celui de la photographie, et c'est ce
qui nous a engagé à faire connaître à
nos lecteurs une combinaison de nature à leur rendre
quelques services.
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n° 7